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Home  /  Actualité  /  La négociation et les bonnes intentions
18 mai 2026

La négociation et les bonnes intentions

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Qu’y a-t-il de commun entre une négociation diplomatique,

une rupture conventionnelle

et un divorce par consentement mutuel ?

Un théâtre, une scène, des coulisses, des entractes, des acteurs professionnels ou amateurs, des déclamations, peu d’acclamations, du bruit et de la fureur. Des codes, des procédures, une temporalité bien réglée pour que la représentation des conflits reste civilisée.
Il s’agit d’un théâtre des bonnes volontés, celles de négocier pacifiquement et respectueusement des solutions rationnelles dites gagnant-gagnant.

Ceux qui la refusent sont stigmatisés, montrés du doigt comme les fauteurs de trouble, ils sont désignés comme responsables de futurs dégâts causés par leur mauvaise foi, leurs tactiques déloyales, leur irrationalité…. ils sont également considérés comme étroits d’esprit, autoritaires, violents par nature.
En revanche, on admire ceux qui y participent volontiers, qui proposent des solutions, qui restent détendus, sourient sans ironie, restent à l’écoute et sont compréhensifs. Ils sont du bon côté de la morale.

Sur scène la violence des passions et l’anarchie des désirs doivent laisser  place à la rationalité des intérêts et à des solutions équilibrées. La négociation a de bonnes intentions. Il s’agit de jouer le jeu du consensus éclairé pour éviter le pire. Il faut donc se résigner aux compromis et à l’acceptation d’une grammaire bien codée.

Or, les négociations, toutes les négociations, ne se déroulent pas sur une trame égalitaire.

Dans les coulisses  ceux qui sont en situation de rapport de forces favorables, ceux qui possèdent les terres rares que l’autre convoite, ceux qui contrôlent un détroit maritime par lequel passe une grande partie du pétrole et des engrais mondiaux, ceux qui ont su garantir un autre emploi ailleurs en le dissimulant à leur employeur, celui qui vit déjà avec les enfants du couple et les a mis sous domination affective, bref, tous ceux-là ne se préparent pas à négocier, mais à exercer des pressions, à tendre la relation, à faire perdre pied à l’autre en le déstabilisant pour obtenir par la force et la ruse le maximum de gains en lui causant  le maximum de dommages .On reste civilisé sur la scène de la négociation, on demeure barbare en coulisse.

Le cessez-le-feu

Au cours des négociations pour l’obtention du cessez-le-feu, réclamé par les spectateurs et l’acteur le plus faible, les obstacles à franchir sont légion: l’absence de confiance du plus faible, les incertitudes de l’après, le diable qui sommeille dans les détails.
Si la pression des opinions publiques s’intensifie le cessez-le-feu s’installera dans la méfiance et le qui-vive. Pendant ce laps de temps au cours duquel les missiles, obus et drones sont censés rester en suspension, chaque camp tente de se renforcer, de trouver des alliés, de détruire le soft-power de l’autre partie, de préparer la suite de la guerre en rendant responsable l’autre camp d’une éventuelle rupture de ce cessez-le feu.
Si la crise est latente on se reçoit somptueusement avec tous les fastes dus à son hôte mais en l’écrasant sous le poids des honneurs, montrant ainsi  sa puissance ; il s’agit plus d’avertir que de négocier.
Si la crise est ouverte, on recourt à des médiateurs qui sont censés aider les ennemis à se parler et à garantir la confiance détruite par la force, le mépris et les trahisons.
Parfois, on transforme la négociation ponctuelle en négociation permanente pour montrer sa bonne volonté aux yeux des citoyens qu’ils représentent.

La rupture conventionnelle

Dans l’entreprise, la rupture conventionnelle, qui va se dérouler aux frais du contribuable (le salarié peut percevoir des indemnités de France Travail), les parties, l’employeur et le salarié, respectent strictement la règle de droit (entretiens, respect des délais de procédure, demande d’homologation par l’administration). sans jamais reprendre l’historique qui a conduit à cette rupture pour en en tirer une solution créative satisfaisant les intérêts de chacun.
La scène de la négociation montre l’employeur et le salarié convenir, d’un commun accord, les conditions de la rupture du contrat de travail. Le consentement de chacun est réputé libre et éclairé.
Dans les coulisses, les avocats tentent de tordre le langage juridique du texte au bénéfice de leurs clients respectifs. ici aussi le diable est dans les détails.

Le divorce par consentement mutuel

Au sein du couple le divorce par consentement mutuel a pour but non pas de raccommoder mais de se “démarier” à l’amiable, de façon raisonnable, en sauvegardant les intérêts de chacun et surtout des enfants quand il y en a : 1,5 millions d’enfants vivent dans des familles monoparentales.
Les coulisses, là aussi, fermentent des désaccords cumulés (la durée du mariage est en moyenne de 14 ans, dont un sur deux se conclue par un divorce,125 000 divorces par an).

Sur scène la causes sont le plus souvent, additionnées ou pas, incompatibilité d’humeur et mésentente (65%), problèmes financiers et professionnels ( 25%), adultère (15%), violence conjugale (10%), addiction et troubles du comportement (8%).
Et surgissent les objets de négociation classiques, exercice de l’autorité parentale,  lieu de résidence des enfants du couple, droits de visite, pension alimentaire…
Alors que les causes réelles non négociées, car non négociables ( ?),  étouffées, déniées, enfouies s transforment en passions revanchardes et blessures narcissiques.

Sur scène se font face, celui ou celle qui cherche à se libérer de l’autre et qui va mettre en place une stratégie d’achat de sa liberté en acceptant quelques concessions et celui ou celle qui a été quitté et qui attend que justice lui soit rendu,  préparant sa défense. S’enclenche alors, la mécanique infernale du marchandage où se mêlent le bilan du passé et l’organisation de l’avenir.

La négociation, déjà asymétrique, fait apparaître des rapports de force disproportionnés. Céder, riposter, rompre deviennent alors les exutoires de la crise latente non réglée. L’une des parties va céder face au chantage de la sauvegarde de l’équilibre psychologique des enfants, ou bien craquer nerveusement ou encore laisser tomber. Et celui ou celle qui gagne c’est celui ou celle qui aura su organiser les trois fondamentaux du bon négociateur : De la réflexion. Une certaine maîtrise de la parole. Et du temps.
Le  perdant n’aura pas su gérer la charge affective qui a brouillé ses cartes.

La négociation se cogne au réel

La négociation est un acte empreint d’une bienveillance qui cherche à éviter le déchainement de la violence. En voulant l’éviter elle se rappelle aux acteurs sous des formes encore plus délétères.
Du divorce par consentement mutuel à la négociation d’un cessez-le-feu en passant par la rupture conventionnelle, le processus est idéalisé. L’anarchie des désirs est devenue plus puissante que la neutralité des compromis à trouver.

Ainsi, parmi les différentes méthodes de négociation pratiquées, la stratégie des gains mutuels, nommée aussi, négociation raisonnée, considérée comme la meilleure, car, respectueuse des parties, encadrée par des règles du jeu acceptées en amont, et surtout, créatrice de valeur échoue à régler les problèmes de fond.
La négociation ne se déroule pas sur un fond égalitaire, elle invoque seulement le principe d’égalité. Or quand ce principe n’est pas partagé en amont c’est l’échec assuré.

Le cycle infernal du besoin de justice s’emballe hors de contrôle, et se transforme en désir de revanche puis en une pulsion de vengeance.

Ce n’est, en conclusion, qu’une fois que les parties auront ensemble, ou avec l’aide d’un médiateur, mesuré les conséquences négatives et catastrophiques d’un désaccord, que la négociation pourra commencer. Pas avant.

Il faut donc d’abord obtenir un constat partagé de ce que l’on veut éviter avant de négocier.

Mai 2026
Yves HALIFA

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